Les hippopotames de Pablo

Les hippopotames de Pablo

Même Le Progrès en parle c’est pour dire! A voir si le lien restera fonctionnel, entre le moment où j’écris ce post et le moment de sa publication. L’histoire était amusante, quand en 1993, 4 animaux importés d’Afrique pour son Zoo personnel, avaient profité de la fin du baron de la drogue pour prendre le large. Maintenant on rigole un peu moins avec les hippopotames de Pablo.

Même Le Progrès de Lyon en a parlé! Peut-être moi aussi, attends je fais une petite recherche!

Non rien, 2 articles, l’un sur l’hippodrome…. et un autre évoquant l’idée de passer les observer.

L’origine inattendue des hippopotames en Colombie

La présence d’hippopotames en Colombie est directement liée à l’histoire du narcotrafic. Dans les années 1980, Pablo Escobar, chef du cartel de Medellín, fait importer plusieurs animaux exotiques pour son zoo privé installé sur son immense hacienda Nápoles, dans le département d’Antioquia.

Parmi eux se trouvent quatre hippopotames venus d’Afrique. À la mort d’Escobar en 1993, le zoo est abandonné. La plupart des animaux sont récupérés par des parcs officiels, mais les hippopotames, difficiles à déplacer et jugés peu dangereux à l’époque, sont laissés sur place.

Une prolifération incontrôlée

Livrés à eux-mêmes, les hippopotames trouvent dans la région du Magdalena Medio un environnement idéal. Absence de prédateurs naturels, climat favorable, abondance d’eau et de nourriture. À partir de quatre individus, la population croît rapidement. En quelques décennies, elle dépasse la centaine, avec des projections qui évoquent plusieurs centaines d’individus dans les prochaines années si rien n’est fait. Les animaux quittent progressivement l’ancienne hacienda pour coloniser rivières, marais et zones agricoles voisines.

Ils sont actuellement 169 au dernier recensement mais pourrait être au nombre de 500 en 2035.

Une menace écologique réelle

Contrairement à leur image populaire, les hippopotames sont parmi les animaux les plus dangereux au monde. En Colombie, ils posent un double problème. Sur le plan écologique, ils modifient profondément les écosystèmes aquatiques. Leurs déjections enrichissent excessivement les eaux en nutriments, ce qui favorise la prolifération d’algues, réduit l’oxygène disponible et menace poissons et espèces locales. Leur présence perturbe aussi les habitats de la faune endémique, déjà fragilisée.

Sur le plan humain, les hippopotames représentent un risque croissant pour les populations locales. Plusieurs incidents ont été signalés, notamment des attaques contre des agriculteurs ou des pêcheurs. L’animal est territorial, imprévisible et peut peser plus de trois tonnes. À mesure que leur territoire s’étend, les conflits homme-animal deviennent inévitables.

Des solutions longtemps hésitantes

Face au problème, les autorités colombiennes ont longtemps tâtonné. La première option envisagée a été la stérilisation chirurgicale. Cette méthode, coûteuse et complexe, nécessite d’endormir des animaux massifs et dangereux. Elle s’est révélée lente et inefficace face au rythme de reproduction. Une alternative hormonale a ensuite été testée, avec des contraceptifs chimiques, mais les effets sont temporaires et nécessitent des interventions répétées, difficiles à mettre en œuvre sur une population sauvage dispersée.

Le déplacement des hippopotames vers d’autres pays ou des réserves a aussi été étudié (Mexique, Inde,…) Cette solution s’est heurtée à des obstacles logistiques, sanitaires et diplomatiques, ainsi qu’à des coûts très élevés. 220 millions par animal, soit 300.000 euros.

Aucune solution durable n’a réellement permis de freiner l’expansion de la population.

Le tournant de l’abattage contrôlé

Ces derniers jours, face à l’urgence écologique et au risque croissant pour les habitants, le gouvernement colombien a officiellement ouvert la voie à l’abattage sélectif de certains hippopotames. Cette décision marque un tournant majeur. Elle repose sur l’idée que, malgré son caractère radical, l’euthanasie contrôlée est désormais la seule option réaliste pour éviter un désastre environnemental à grande échelle. Les autorités insistent sur le fait qu’il s’agira d’une mesure encadrée, ciblée et limitée, menée par des professionnels.

La réaction des défenseurs des animaux

Cette annonce a provoqué une vague d’indignation chez de nombreux défenseurs des animaux, en Colombie comme à l’international. Pour eux, les hippopotames ne sont pas responsables de la situation. Ils sont le résultat d’une décision humaine passée et devraient être protégés. Des associations dénoncent une solution qu’elles jugent brutale et moralement inacceptable, plaidant pour des alternatives non létales, même coûteuses ou complexes. Certaines ont proposé des campagnes de financement international pour soutenir la stérilisation ou le transfert des animaux.

Un dilemme éthique et écologique

L’affaire des hippopotames de Pablo Escobar illustre un dilemme moderne entre protection animale et protection des écosystèmes. Faut-il préserver des animaux devenus emblématiques au détriment de la biodiversité locale et de la sécurité humaine, ou intervenir de manière drastique pour corriger une erreur historique ? La Colombie se trouve aujourd’hui face à une décision lourde de sens, où aucune solution n’est pleinement satisfaisante, mais où l’inaction n’est plus une option.

Affaire à suivre donc. Et pas que par nous!

Pour les amateurs d’images animées, vous pouvez regarder cette vidéo du Parisien.

2 commentaires sur “Les hippopotames de Pablo

  1. Pablo , Narco et pour finir Hippopo… Un vrai fléau !
    Intéressant ce post ! Il semble temps d’agir …

  2. On pourrait essayer l’hippopomobile… Pas sûr que l’hippopotame soit facile à atteler et à domestiquer !
    En parler au president des USA. Trump doit bien avoir une idée !

Alors qu'en penses-tu?