Parc éolien Jepirachi

Parc éolien Jepirachi

Autre problématique très importante et globale de la Guajira, qui souffre, tu l’as maintenant compris d’un climat et d’un sol très particulier, celle de l’énergie.

Et l’on ne peut aborder cette problématique sans évoquer la mine de charbon de Cerrejon, la seconde plus grande mine à ciel ouvert de ce matériau.

Présentation Mine Charbon Guajira

Cette mine, et quelques autres ailleurs sur le territoire, permettent à la Colombie de figurer chaque année dans le classement des 10 plus gros exportateurs de charbon et donc d’assurer de fortes rentrées d’argent.

Malheureusement, et c’est logique, elle concentre énormément les réactions épidermiques des opposants et des pros du développement économique de la région!

Les premiers fustigent la défiguration du paysage, l’exploitation du territoire ancestral wayuu, mais surtout l’utilisation d’énormes quantité d’eau pour l’extraction du charbon (arrosage intensif pour fixer les poussière au sol), eau qui, tu le devines, serait fort utile ailleurs!

Alors que les pros mettent en avant le développement économique, la création d’emplois, les rentrées de devises pour l’état et la région, la création d’écoles ou de cliniques bénéficiant aussi à la population indigène!

Difficile de voir tout en noir ou tout en blanc!

Cependant il semblerait quand même les wayuu se soient retrouvés isolés et abandonnés au moment de la prise de décision d’implantation de la mine par l’état colombien (actionnaires) et les multinationales du secteur (les très connues Anglo American et Glencore) au début des années 80.

Nous n’avons d’ailleurs pas pu visiter le site, les compagnies, au centre du débat, étant très frileuses pour ouvrir leur porte à un regard extérieur qui pourrait être trop critique! Mais nous en avons vu certaines traces impressionnantes, dont:

  • l’immense voie ferrée permettant d’amener le charbon au port de chargement, Puerto Bolivar, structure créée de rien dans ce but. 150 kilomètres totalement en ligne droite!

Voyage sco Guajira Transport (44)

  • les impressionnants trains qui parcourent justement cette voie: plusieurs kilomètres de long (au moins 3 à vue de nez pour celui dont les photos vont suivre)

Voyage sco Guajira Transport (25)Voyage sco Guajira Transport (26)Voyage sco Guajira Transport (27)Voyage sco Guajira Transport (28)Voyage sco Guajira Transport (29)Voyage sco Guajira Transport (30)Voyage sco Guajira Transport (31)

  • et les installations (lointaines) du terminal de chargement!

Voyage sco Guajira Parc éolien (1)

C’est donc justement sur cette dernière illustration qu’apparaît, au premier plan, le but de notre visite: le parc éolien de Jepirachi.

15 éoliennes d’un potentiel maximum cumulé de 19,5 MW, installées sur la commune de Cabo de la Vela et de Puerto Bolivar en 2004.

Voyage sco Guajira Parc éolien (4)
elles apparaissent au loin
Voyage sco Guajira Parc éolien (10)
puis se rapprochent
Voyage sco Guajira Parc éolien (5)
zone d’intense activité militaire

Voyage sco Guajira Parc éolien (8)

Voyage sco Guajira Parc éolien (6)
arrêt
Voyage sco Guajira Parc éolien (9)
explication
Voyage sco Guajira Parc éolien (7)
vue sur les éoliennes et en fond la file de bateaux attendant leur chargement de houille!

Cette installation est souvent montrée en modèle de développement durable de la zone, réalisée en étroite coopération avec les communautés wayuu (contrairement, un peu, à la mine). Qui avaient par exemple exigé la remise à l’état d’origine du lieu à la fin de l’exploitation du parc, et l’accès à l’énergie électrique des villages voisins.

Mais, personnellement j’ai carrément l’impression que c’est un pansement sur une jambe de bois, une compensation pour l’exploitation minière du territoire wayuu.

Plusieurs indices me le laissent penser:

  1. Sur les 15 éoliennes, plusieurs me semblent hors service (oui il y en a toujours qui sont en drapeau ou en maintenance), mais lors de notre passage, avec un vent régulier et peu puissant, 9 ne fonctionnaient pas! Dont 2 ou 3 portaient les traces visibles d’accident grave (incendie de l’alternateur,…) ou d’absence totale de maintenance.
  2. Sur la route nous avions également déjà constaté que le câble sensé électrifier grâce à l’installation, le village de Cabo de la Vela, était totalement inopérant (poteaux à terre, câbles coupés). Impression confirmé par mes séjours sur place, où le recours aux générateurs électriques individuels est indispensable pour avoir la lumière dans les hôtels, généralement jusqu’à 22h. Avec la pollution sonore et olfactive qui en résulte.
  3. Enfin, il reste la promesse de remettre le site en état après la fin de l’exploitation prévu pour dans 2 ans! Permets-moi de rester perplexe à l’idée que l’état et l’entreprise EPM vont dépenser de l’argent pour démonter totalement des éoliennes…

En tout cas, je ne pense pas que j’irais pour le vérifier!

2 commentaires sur “Parc éolien Jepirachi

Alors qu'en penses-tu?