Ferreria La Pradera
Lors du Sabana Trail, couru sur la commune de Subachoque, j’ai pu découvrir un lieu méconnu et assez important de l’histoire industrielle de la Colombie. En effet le départ prenait place dans l’ancien emplacement de la Ferreria La Pradera, situé à 5-6 km du village, dans le lieu dit La Pradera donc.
Définition
Ferreria, c’est, si je ne me trompe pas, la fonderie. C’est à dire, je te rappelle, le lieu ou le minerai de fer est transformé en métal.
A ne pas confondre avec Ferrateria, la quincaillerie de chez nous.
Histoire
La Ferrería de La Pradera, située à Subachoque, fut établie il y a plus de 160 ans et constitue l’un des premiers complexes sidérurgiques de Colombie. Il est aujourd’hui reconnu comme patrimoine national. Mais reste, semble-t’il, très méconnu.
Le choix de Subachoque s’explique très probablement par la disponibilité locale des ressources nécessaires à la sidérurgie de l’époque. Eau abondante, forêts pour le charbon végétal, terrains montagneux riches en roches comme le calcaire et un accès régional au minerai de fer. Ces éléments, combinés à l’isolement naturel du site, en faisaient un emplacement idéal pour installer une fonderie à haut fourneau au XIXᵉ siècle.
Initialement construite grâce à un investissement allemand, son activité fut interrompue lorsque ses ouvriers furent mobilisés durant la Guerre des Mille Jours.
Dans une seconde phase, elle devint un fournisseur essentiel des Ferrocarriles Nacionales, produisant notamment les premiers rails reliant Bogotá à Boyacá et à Girardot. Ce point semble le moment culminant de la fonderie, et resté dans la fierté nationale des colombiens. Avec aussi les colonnes métalliques du Teatro Colon de Bogota.
L’importation croissante de matériaux et de véhicules entraîna néanmoins son déclin économique. Entraînant alors sa fermeture définitive au début du XXᵉ siècle.
Mais installée dans une zone montagneuse isolée, la ferrería souffrait également d’un enclavement logistique important. Acheminer le minerai entrant et transporter la production sortante représentait des coûts et des délais considérables, aggravant sa perte de compétitivité.
Ses structures — hauts fourneaux, tunnels d’aération, cheminées et ateliers — témoignent encore de l’ingéniosité industrielle de la période précoce de l’industrialisation colombienne.
Visite
Alors j’ai l’impression d’avoir raté des choses. Car il semblerait que ce soit un vaste complexe industriel, avec de nombreux bâtiments. Et qu’à l’époque, La Pradera était une véritable petite ville, avec des milliers d’habitants.
Or aujourd’hui ce n’est guère plus qu’un hameau de campagne.
Quand à ce que j’ai vu, je le dois donc au Sabana Trail.
Le monument encore debout le plus emblématique de ce lieu est donc cette immense cheminée. Cheminée en brique très haute, construite au XIXᵉ siècle. Typique de ce genre d’installations, car destinée à créer un tirage puissant pour alimenter le haut fourneau et les fours annexes.
Que l’on peut voir depuis la petite entrée officielle, car le lieu est devenu un musée. A ciel ouvert, ou alors mon impression d’avoir raté quelque choses se révèle juste.
D’autres traces, moins impressionnantes sont également visibles:
- Cette structure circulaire, faite de pierre taillée, est typique des fondations d’un four ou d’une base de soufflerie. Des éléments semblables sont décrits comme faisant partie des tunnels, respiraderos (aérations), et structures de soutien des fours dans les ruines de la ferrería.
- Ici cela semble être des murs porteurs et chambres basses d’un système de tunnels ou d’ateliers de la ferrería.
L’autre indice que nous est que là où nous avons garé la moto, il semblait y avoir d’autres vestiges. Dont une autre cheminée, cependant plus petite.

Maintenant est-ce que j’y reviendrais pour une vraie visite complète et guidée, je ne sais pas. Je ne sais même pas si cela est techniquement possible, puisque le site s’appelle Museo Ferreria La Pradera. Mais qu’il n’y a pas d’exposition ni de salle, c’est juste un parc avec ses vestiges.













Des ruines industrielles qui rappellent un passé dynamique.
Au moins, elles restent belles.
Toujours intéressant de découvrir des friches industrielles ( ça change des églises) mais c’est souvent moins mis en valeur que les vieilles pierres .