Massacre de la Sarna
Tu sais combien j’aime la Colombie! Son peuple (ses peuples), sa culture (ses cultures), sa gastronomie, ses paysages, sa (ses) musique(s) mais aussi son histoire! Longue, complexe et torturée. Ce qui fait que quand tu te balades dans le pays, tu profites de toute la liste précédente, mais parfois tu tombes sur un pan très noir de l’histoire local. Comme ce monument en hommage aux victimes du massacre de la Sarna.
J’avais déjà exprimer l’incompréhension qui peut être celle des européens dans cette immense pays, par exemple en évoquant la notion de « desaparecidos« .
L’autre version, très courante, trop courante, ce sont ces monuments disséminés sur les routes de campagne colombienne. Comme celui que nous avons rencontré sur la route entre Aguazul et Sogamoso, en sortant du déluge dans le paramo de la Sarna à 3400 mètres d’altitude.
Monument à la mémoire des victimes du massacre de la Sarna, pas si ancien que l’on pourrait le penser.

Le massacre du Páramo de La Sarna est donc un événement tragique et emblématique du conflit armé interne en Colombie, notamment en raison de l’implication présumée des forces de sécurité de l’État.
Contexte et déroulement du massacre de La Sarna
- Date : 1er décembre 2001.
- Lieu : le secteur connu sous le nom de Páramo de La Sarna, sur la route entre Sogamoso et Labranzagrande, dans le département de Boyacá (région orientale de la Colombie).
- Victimes : 15 civils (douze hommes et trois femmes) sont assassinés. Seuls trois passagers (deux mineurs et une femme âgée) ont survécu. Les victimes incluaient des enseignants, des étudiants, des commerçants et des fonctionnaires.
- Auteurs : des membres du groupe paramilitaire des Autodefensas Campesinas del Casanare (ACC), une faction des Autodefensas Unidas de Colombia (AUC).
L’événement
Le matin du 1er décembre, des hommes armés interceptent un bus de transport public de l’entreprise Cootracero effectuant le trajet Sogamoso-Labranzagrande. En se faisant passer pour des membres des forces de sécurité.
- Les paramilitaires ont forcé tous les passagers à descendre du véhicule.
- Ils ont ensuite sélectionné et exécuté 15 personnes, les accusant d’être des collaborateurs de la guérilla (notamment l’ELN), une accusation couramment utilisée par les paramilitaires pour justifier le meurtre de civils.
- Les criminels recherchaient spécifiquement un guérillero de l’ELN qui, selon des informations ultérieures, n’était pas à bord du bus.
Implication et suites judiciaires
Le massacre est particulièrement tristement célèbre. Car les enquêtes judiciaires et les témoignages des paramilitaires lors du processus de Justice et Paix ont révélé la complicité et la coordination entre les paramilitaires et certains membres de la Force Publique (notamment des éléments de la Première Brigade de l’Armée Nationale et de la police SIJIN).
- Complicité : le poste de contrôle militaire qui était habituellement installé dans la zone n’était pas présent ce jour-là. Et que les forces de sécurité n’ont pas agi pour empêcher ou intercepter l’attaque.
- Justice : la justice colombienne a émis des condamnations à l’encontre de certains paramilitaires et a ordonné des enquêtes sur les responsabilités au sein des forces de sécurité de l’État. Le Conseil d’État (la plus haute juridiction administrative en Colombie) a également confirmé une condamnation contre l’État colombien pour sa responsabilité dans le massacre.
Aujourd’hui, les familles des victimes sont regroupées au sein du collectif « Vida, Memoria y Dignidad ». Et continuent de réclamer la vérité complète et la justice pour ce crime.
Mon sentiment…
En gros un matin, tu prends le bus pour rentrer chez toi ou te rendre chez de la famille! Des mecs t’arrêtent sur le bord de la route au milieu d’un paysage merveilleux. Ils t’abattent sans raison, comme un chien, sur ce même bord de route. Le tout avec la complicité des autorités de ton pays. C’est ça la Colombie.
Et de toi, il ne reste que ton nom gravé sur une pierre au bord de cette route. L’endroit où ta vie s’est arrêté.
Même si la France a eu des époques pouvant être assimilées. Comme certaines régions qui présentent pas mal de monuments en bord de route, hommage aux résistants tués en certains lieux. Que tu vois bien mieux en cyclo-tourisme.
Tu te dis qu’il fait quand même bon être né français.













Un peu vrai…
On a quand même eu des policiers qui faisaient le sale boulot des nazis et tuaient sur dénonciations ou au hasard !
Et les fachos ne sont jamais loin !
Encore un épisode qui fait froid dans le dos …
Des fachos fanatiques des armes et du sang , il s’en trouve un peu partout dans le monde , Hélas!