Les français de l’indépendance colombienne
Passé plusieurs fois par là, nous n’y avions pas porté attention. Mais Samedi après-midi, en nous rendant visiter nos amis Claire et Juan, que nous n’avions pas vus depuis notre retour, nous sommes tombés sur un monument qui nous concernaient en propre. Voici donc les français de l’indépendance colombienne.
Enfin les plus illustres.

Monument
Voilà à quoi il ressemble de loin!
Comme il y en a des centaines partout en ville, et dans toutes les villes du monde. Tu comprends alors pourquoi, même si j’étais passé à côté, il n’avait pas particulièrement attiré mon attention.
Mais en s’approchant…
Avec comme épitaphe, « Hommage aux militaires et citoyens français qui ont participé à l’Indépendance et à la culture de la Colombie » (oui ok, il te manque la fin).
Point historique
Visiblement les instigateurs sont l’Academia Colombiana de Historia et l’Ambassade de France qui, en 1964, en concertation avec les autorités de la ville de Bogotá et la communauté franco-colombienne, décident de rendre hommage à Manuel Roergas de Serviez et de perpétuer le souvenir de la contribution militaire, scientifique et culturelle française en Colombie.
Buste
Le buste sommital appartient apparemment au général de brigade Manuel Roergas de Serviez (1785–1816), militaire français qui a rejoint les forces patriotes de la Nouvelle-Grenade. Et s’est illustré durant la guerre d’indépendance avant d’être assassiné dans les Llanos.
Le buste en bronze a été réalisé par le sculpteur péruvien Gerardo Benítez Bolaños.
Faces latérales
Sur un côté nous avons ceci:
Moins nombreux, c’est la face réservée aux militaires.
Luis Aury (Louis-Michel Aury) : Corsaire et marin engagé dans la cause républicaine en mer des Caraïbes.
Pedro Labatud (Pierre Labatut) : Général sous lequel Simón Bolívar a servi au début de la Campagne Admirable.
Luis Perú de La Croix : Officier de l’état-major de Bolívar et auteur du fameux Diario de Bucaramanga.
Luis Girardot : Père du héros de l’indépendance Atanasio Girardot.
Autres figures militaires : Antonio Bailly, Alejandro Bobin, Reinel Chasmajous, Carlos Demarquet, Luis Francisco Derieux.
Alors que l’autre côté est plutôt consacré aux scientifiques, architectes et autres hommes de culture.
L’IA me permet de te faire un rapide point sur les plus illustres d’entre-eux.
Aimé Bonpland (Amadeo Bonplano) : Botaniste et compagnon de voyage d’Alexander von Humboldt.
Jean-Baptiste Boussingault (Juan Bautista Boussingault) : Chimiste et géologue pionnier de l’agronomie moderne en Colombie.
Gaston Lelarge : Architecte français majeur qui a conçu le Capitole national (achevé), le Palais Echeverry et le Palais Liévano à Bogotá.
Élisée Reclus (Eliseo Reclus) : Géographe et penseur anarchiste, auteur d’études sur la Sierra Nevada de Santa Marta.
Prosper Reverend (Próspero Reverend) : Médecin français qui a soigné Simón Bolívar durant ses derniers jours à Santa Marta.
Paul Rivet : Ethnologue, fondateur de l’Institut Ethnologique National à Bogotá.
Frère Apolinar María (Hermano Apolinar María) : Religieux et naturaliste, pionnier de l’entomologie et de la zoologie en Colombie.
Autres personnalités : Edmundo Champeau, Bernardo Daste, Emilio Drouhard, Pedro d’Espagnat, René Guichard, Gaspar Teodoro Mollien, Désiré Rovlin, Carlos Saffray, Claudio Vericel, Jacques Jourdanet.
Hispanisation des prénoms
Tu remarqueras, chose étrange qui m’a sauté aux yeux, les prénoms ont été colombianisés! Trois explications principales apparemment!
L’obligation juridique et religieuse d’intégration Au XIXᵉ siècle, lorsqu’un étranger s’engager dans l’armée républicaine ou s’installait en Colombie, l’administration imposait la traduction systématique des prénoms dans les actes d’état civil, les registres militaires et les documents officiels. La pratique était d’autant plus stricte lors de conversions ou de mariages religieux auprès de l’Église catholique local.
Une norme historiographique en Amérique latine Pendant très longtemps, l’historiographie hispano-américaine traduisait tous les prénoms des personnages historiques majeurs pour les rendre plus accessibles au public local. Tout comme les francophones écrivent Christophe Colomb (au lieu de Cristoforo Colombo) ou Jean-Sébastien Bach, la tradition historiographique colombienne a francisé ou hispanisé les figures étrangères.
Sur la stèle, érigée au XXᵉ siècle sous l’égide de l’Academia Colombiana de Historia, le choix s’est porté sur la forme sous laquelle ces hommes étaient enregistrés dans les archives nationales colombiennes. Principalement par souci de lisibilité du monument public
Qu’est ce que l’on en apprend des choses dans ce blog!






D’illustres Français en tout genre et aux non moins illustres prénoms : Manuel, Pierre, Louis , Antoine , Paul …