La Tragédie de San Juan

La Tragédie de San Juan

Avant de te montrer avec moult photos nos activités sportives et ludiques à Mesetas, revenons un peu sur la partie plus triste de ce voyage. J’avais précisé hier en présentant ce village du Meta, qu’il sortait à peine, une diazène d’année, du terrible conflit colombien.

Cette tragédie correspond à l’attaque du 27 décembre 2005 aux environs de San Juan de Arama, 20 km avant d’arriver à Mesetas.. C’est un des épisodes les plus traumatisants pour la population locale.

Les faits précis font froid dans le dos! Le 4 octobre 1997, dans la zone de Las Palmas / Alto de La Bodega, sur la route entre Granada et San Juan de Arama (Meta), va se dérouler un acte violent qui marquera fortement les colombiens.

La ruse : La « fausse alerte »

La guérilla (le Front 27 des FARC) a utilisé une technique de « leurre ». Ils ont fait circuler l’information qu’une action de sabotage ou qu’une présence suspecte avait lieu sur la route.

La patrouille de contraguerrilla de la Police Nationale, appartenant à l’unité Los Leopardos, se met alors en route et circule en camion dans le secteur de Las Palmas, près du Alto de La Bodega, entre Granada et San Juan de Arama.

Les FARC ont tendu une embuscade préparée, utilisant une charge explosive déclenchée au passage du camion puis un tir nourri avec artillerie légère et grenades.

L’enfer du camion

Le véhicule transportant les soldats a été stoppé par l’explosion d’une charge massive (mines cylindres).

  • l’explosion a immédiatement provoqué l’incendie du camion.5 soldats meurent carbonisés à l’intérieur, prisonniers des flammes et du métal tordu.
  • le mitraillage des survivants qui tentaient de s’extraire de l’épave ou qui se trouvaient dans le reste du convoi fit lui 12 victimes supplémentaires.

Il n’existe pas de photos de l’événement, la zone non sécurisée, le faible développement du journaliste de l’époque et le secret à garder en sont les raisons.

Copilot me propose cette illustration….

Le bilan

Le chiffre de 17 morts est celui qui a marqué l’opinion publique colombienne à l’époque. C’était un choc national. Car cela montrait que malgré les offensives de l’armée, la guérilla conservait une capacité de destruction tactique terrifiante dans cette zone précise du Meta.

A noter cependant que ses victimes n’appartiennent pas à l’armée colombienne. Mais aux unités spécialisées en contre-guérilla de la Police Nationale Colombienne.

Mémorial

Le mémorial en bord de route n’est pas juste une plaque administrative.

Pour les locaux de Mesetas et San Juan, il marque l’endroit exact où le sol s’est dérobé après l’explosion de la mine enterrée sous la route.

Peu impressionnant, je l’ai d’ailleurs raté à l’aller, alors que je savais qu’il existait. AU retour je fus plus attentif, mais j’ai quand même du faire demi-tour (pour 100m).

Nous traversons donc la route…. pour y jeter un oeil.

Il rappelle le souvenir de ces soldats souvent très jeunes (des appelés) qui sont tombés dans un guet-apens. Particulièrement « sale »,avec cette ruse de la fausse alerte étant vécue comme une trahison des règles du combat.

Avec un petit mot et la liste des victimes.

Situation générale de 1997

J’aurais peut-être pu commencer par là…

1997 ce n’est pas si loin. Si la région s’apaise (malgré des soubresauts ces derniers mois pour cause de dissidence des FARC ne reconnaissant plus les accords de paix). La situation a été violente jusqu’il y a peu (2015).

Sauf que 1997 illustre la période la plus sombre de cette région du Meta. A ce moment là, le département du Meta se trouvait au cœur d’une intensification brutale du conflit armé colombien. Les FARC y menaient une stratégie offensive visant à renforcer leur contrôle territorial. Alors que les forces de sécurité tentaient de contenir leur expansion au moyen d’unités spéciales comme la contraguerrilla Los Leopardos.

Cette année‑là est marquée par une succession d’attaques de grande ampleur dans la région, dont cette embuscade du 4 octobre près de San Juan de Arama. Dans le Meta, ces affrontements s’inscrivaient dans un contexte national plus large. Où les FARC, en pleine croissance organisationnelle, multipliaient les opérations spectaculaires. Tandis que les paramilitaires gagnaient du terrain et que l’État peinait à maintenir sa présence dans les zones rurales.

Cette dynamique a fait de 1997 une année charnière, marquée par une violence extrême. Ainsi qu’ une profonde vulnérabilité des forces de l’ordre comme des populations locales.

Ça aussi c’est la Colombie.

3 commentaires sur “La Tragédie de San Juan

  1. La violence des farcs est-elle liée à la drogue… Tout ça est-il uniquement politique ?
    Difficile de mettre fin à ces habitudes guerrières.

    1. en 97 non c’était encore la motivation originelle de rendre le pouvoir au peuple! C’est la dissidence actuelle qui voudrait faire des affaires tranquille.

  2. Que de violences ! On en a des frissons dans le dos !
    On peut juste dire que ces faits sont récents et que les FARC ou autres organisations ne sont peut-être qu’en sommeil ?

Alors qu'en penses-tu?