L’immeuble de Belem

L’immeuble de Belem

Non pas Belem au Brésil, l’immeuble de Belem, le quartier de Bogota. Oui je sais je traverse une phase architecturale en ce moment. Je ne sais si c’est parce qu’à force, mes possibilités de sujets diminuent, et que je tourne donc le regard vers autre chose.

En tout cas, après l’étrange immeuble de la Septima, voici un autre un peu particulier à la frontière du quartier de Belem.

J’y suis déjà car c’est ici qu’habite mon collègue et ami Philippe. Il y a longtemps, pour un apéro. Mais je l’ai longé il y a peu, après le coup d’œil à la fiesta des Rois Mages à Egipto, le quartier limitrophe.

Le quartier Belén à Bogotá

Situé au cœur de la ville historique, le quartier Belén est considéré comme l’un des plus anciens de Bogotá, juste après La Candelaria. Son origine remonte à l’époque coloniale, lorsque la ville commença à s’étendre vers le sud depuis son noyau fondateur.

Histoire

Le nom de Belén, d’inspiration religieuse, apparaît déjà au XVIIIe siècle, période durant laquelle le secteur accueillait principalement des artisans, des travailleurs et des familles modestes qui cherchaient un cadre de vie proche du centre, mais plus accessible.

Belén faisait alors partie intégrante de la dynamique du vieux centre. On y accédait en traversant le río San Agustín, cours d’eau aujourd’hui disparu, qui descendait des montagnes et marquait l’entrée sud de la zone historique. À cette époque, le quartier était habité par des ouvriers, des indigènes et des personnes au service des colons espagnols. Il constituait déjà un lieu de forte cohésion sociale, où plusieurs générations vivaient en proximité, parfois même liées entre elles. Cet esprit de communauté, encore perceptible aujourd’hui, constitue l’un des traits distinctifs de Belén.

Géographie

La configuration géographique du quartier, située sur l’ancien llano de Belén entre la carrera tercera et la carrera cuarta, juste au pied des cerros orientales, a façonné son identité. Ses rues étroites, dont certaines encore pavées, racontent la vie de ses habitants, depuis les ateliers d’artisans et les petites fabriques jusqu’aux lavaderos communautaires où les femmes lavaient le linge. Ce patrimoine urbain, composé de maisons coloniales, d’églises et d’espaces de sociabilité, forme un ensemble qui conserve une atmosphère villageoise au milieu du centre administratif et politique du pays.

À partir des années 1980, Belén a été intégré aux grands projets de rénovation urbaine et aux politiques de planification du centre historique. La modernisation et la pression immobilière ont entraîné des risques de gentrification, mais le quartier a jusqu’à présent réussi à préserver l’essentiel de son caractère populaire et de son tissu social. Malgré la proximité immédiate des palais, des ministères et de la garde présidentielle, Belén reste un espace où les familles de longue date se connaissent, se reconnaissent et défendent leur territoire.

Conservation

Plus récemment, les autorités patrimoniales de Bogotá ont engagé divers programmes de conservation, notamment la restauration de façades et la mise en valeur du patrimoine matériel et immatériel du quartier. Ces initiatives visent à préserver l’identité culturelle de Belén tout en renforçant le rôle de ses habitants dans la transmission de la mémoire collective.

Conclusion

Belén est ainsi un lieu où la mémoire de Bogotá s’exprime dans les détails du quotidien. Ses habitants, ses ruelles et ses paysages rappellent que l’histoire de la capitale ne se limite pas aux grands édifices, mais se raconte aussi dans les quartiers où la vie s’organise autour des liens communautaires, des traditions et de la persistance d’un esprit populaire profondément enraciné.

Alors pour illustration, encore une fresque « palestinienne ».

Immeuble

Alors il n’est techniquement pas situé dans Belem, puisqu’il est du côté nord de la Calle 7. A ne pas confondre avec la Septima, qui elle, est la Carrera 7.

Son apparence architecturale étrange, avec plusieurs caractéristiques claires comme sa façade courbe sur l’angle, ce qui est typique des constructions récentes cherchant un effet « bout arrondi » pour adoucir le volume.

Ou encore ses lampes décoratives extérieures en façade basse, souvent installées dans des projets visant une identité visuelle soignée.

Mais aussi ses nombreux balcons avec jardinières vertes, tous uniformes.

Voir sa grande hauteur sous plafond au rez‑de-chaussée, et la présence de grands vitrages.

Tout cela laisse facilement présagé que cet immeuble est très récent et moderne.

Il accueille d’ailleurs, à sa base, un supermarché D1.

Mais un poil différent des habituels. Ici point de grosse enseigne écrit D sur fond rouge. Non, en bois, respectant l’identité visuel du lieu.

Et non, cette fois-ci pas d’histoire te raconter. Probablement un immeuble trs moderne, construit après 2015.

En tout cas, il n’apparaît dans aucune liste des immeubles classés ou protégés de la Candelaria (d’après les données de cartographie officielle de Bogotá), ce qui confirme qu’il s’agit d’un bâtiment contemporain non patrimonial.

Il illustre plutôt la gentrification du sud du quartier de la Candelaria, le quartier colonial de la capitale colombienne. Qui se développe en son centre avec de belles restaurations de maisons coloniales donc, mais aussi, à ses bordures, par la construction d’immeubles de standing comme celui-ci.

Comme quoi, dans ce blog on te présente aussi des trucs sans réel intérêt…

Heureusement ces quartier (Belem et la Candelaria) conservent aussi leurs charmes!

2 commentaires sur “L’immeuble de Belem

  1. Et oui tout change et les quartiers populaires deviennent très prisés et la population d’origine en est chassée…
    Pas facile de garder la mixité !

  2. Ce n’est pas dénué d’intérêt de décrire les quartiers et leur évolution …

Alors qu'en penses-tu?